[#9] Patients, de Grand Corps Malade 

L’histoire : À tout juste 20 ans, alors qu’il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d’une piscine. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Dans le style poétique drôle et incisif qu’on lui connaît, Grand Corps malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d’infortune dans un centre de rééducation. Jonglant avec émotion et dérision, ce récit est aussi celui d’une renaissance.

Ma note : 3,5/5

« A vingt on n’a rien à faire à l’hosto. Vingt ans, c’est l’age des soirées, des voyages, des nuits blanches et de la séductions permanentes.
Vingt ans, c’est le règne des envies d’enfants dans un corps d’adulte. Vingt ans c’est l’age ou tu rêves le plus et ou tu te sent le plus aptes à atteindre ces rêves.
Non, à vingts ans, on n’a rien a foutre a l’hosto. »

Mon avis : Au détour de mes flâneries dans une librairie, je suis tombée sur ce petit livre qui m’a tout de suite interpellé. Je connaissais déjà Grand Corps Malade en tant qu’artiste (que j’aimais énormément d’ailleurs!) mais je ne le savais pas écrivain.  C’est donc, avec beaucoup de curiosité, que j’ai décidé d’acheter ce petit roman. Après être resté quelques semaines dans ma bibliothèque, je découvre que Grand Corps Malade sera présent sur le Salon du Livre de Paris, salon auquel je participe. Ni une ni deux, c’est parti, il faut que je l’ai lu avant de rencontrer l’auteur!

À la suite d’un accident lorsqu’il avait 20 ans, Fabien se retrouve tétraplégique incomplet. Alité pendant plusieurs mois sans pouvoir bouger, il retrouve petit à petit un peu de mobilité au niveau du côté gauche de son corps. Il est alors transféré dans un centre de rééducation spécialisé. C’est cette époque de sa vie, ce moment de « réapprentissage » que l’auteur nous livre aujourd’hui, avec beaucoup de réalisme, de justesse, d’humour, et avec son phrasé si spécifique.

« Elle est marrante aussi cette phrase réflexe : « Ne bouge pas. » Dans notre situation elle est complètement inappropriée , mais on se la sort quand même à tout bout de champ.
C’est comme quand tu dis à un aveugle : « On se voit demain. » « 

C’est en cela que le roman m’a plu. Si nous avions déjà découvert Grand Corps Malade de part ses chansons à texte, dans « Patients », c’est Fabien, l’homme derrière l’artiste que nous découvrons ici. Un jeune homme qui était plein d’énergie, grand sportif, et qui doit ensuite faire le deuil de sa vie passée et de son corps d’antan. Nous le suivons dans ce long processus, au rythme des anecdotes, de ses coups de cœur aussi bien au niveau du personnel du centre que de ses congénères, de ses coups de gueules aussi. Un témoignage poignant de ce qu’est la vie lorsque l’on est handicapé, de la manière dont les gens vous perçoive, de la façon dont le personnel médical s’occupe de vous. Etant dans le milieu médical, j’ai trouvé aussi très intéressant d’avoir le ressenti d’un patient, d’un personne positionnée de l’autre côté de la barrière comme l’on dit, et je pense que c’est un livre que l’on devrait faire lire à toute personne se dirigeant vers le milieu de la médecine, afin de montrer les choses à faire ainsi que celles à éviter.

Le seul petit point qui pourrait me manquer, c’est de savoir quel a été son rapport avec la musique, à la chanson, pendant cette dure période qu’il a vécu. Le thème du roman ne concernait pas cela mais sachant qu’il écrit des textes depuis son plus jeune âge, j’aurais aimé savoir si la musique lui avait été d’une quelconque utilité.

J’ai donc passé un agréable moment avec ce témoignage poignant d’un artiste que j’aimais déjà énormément avant mais que je vois désormais d’un œil totalement différent. Un homme qui a beaucoup de courage, une grande force mentale et une envie furieuse de vivre et de s’en sortir. Une personne sur laquelle prendre exemple!!

« Les cinq sens des handicapés sont touchés mais c’est un sixième qui les délivre, bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction,
Ce sixième sens qui apparaît, c’est simplement l’envie de vivre. »

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