Avant toi, de Jojo Moyes

mars-11

L’histoire : Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’angleterre, elle se démène pour dégotter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

« Je sais que pour la plupart des gens, la vie que je mène est ce qui peut arriver de pire. Mais çà peut être pire encore. Je pourrais finir par ne plus être en mesure de respirer par moi même. Par ne plus être capable de parler… Je pourrais finir dans un hôpital pour toujours. Ma vie n’est pas vraiment une vie.. mais quand je pense à la pire version de ce qu’elle pourrait être, certaines nuits, je finis par ne même plus pouvoir respirer… Et vous savez quoi ? Personne ne veut entendre çà. Personne ne veut entendre parler de la peur , de la douleur. »

Ma note : 4/5

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Mon avis : J’avais déjà entendu parlé de Jojo Moyes et de son livre « Avant toi » il y a de cela quelques temps, mais son adaptation cinématographique récente et les excellentes critiques à son égard  ont terminé de me convaincre. Si vous aimez les belles histoires d’amour tragique, ce livre est fait pour vous!

William Traynor est un jeune homme de 33 ans à qui tout réussi. Issu d’une famille aisée, brillante carrière dans la finance, belle fiancée, la vie lui sourit. Jusqu’à ce terrible jour de 2007, où un malheureux accident le rend tétraplégique… Grand sportif et amoureux de la vie, le réveil est difficile pour Will. Il doit s’adapter à une nouvelle manière de vivre, sans autonomie, cloué à tout jamais dans son fauteuil, perclus de douleurs et avec un nombre de soins et de médicaments incalculable. Deux années après son accident, Will ne souhaite qu’une chose : en finir avec cette vie qui ne ressemble plus en rien à son ancienne vie. Pour tenter de le faire changer d’avis, ses parents embauche une jeune femme qui lui servira également d’aide soignante, Louisa Clark.

Louis Clark, 27 ans, est une jolie jeune femme pétillante et enjouée qui vient cependant de perdre son travail. Afin de subvenir aux besoins de sa famille, elle accepte un emploi en tant qu’aide soignante, auquel elle ne connaît rien, auprès d’un homme handicapé. Lorsqu’elle arrive au service des Traynor, et plus particulièrement de Will, elle ne sait absolument pas quel sera l’enjeu de ces six mois à ses côtés. D’abord déstabilisée par un Will peu enclin à sa présence, tout deux font petit à petit connaissance et s’apprivoise. Louisa pourra t-elle aider Will à trouver une raison de vivre?

« – Oh, bon Dieu … ! s’est-il exclamé en faisant pivoter son fauteuil. Épargnez-moi vos analyses psychologiques, a-t-il lancé sur un ton cinglant. Allez donc lire vos putains de magazines à scandales, ou faire ce que vous faites quand vous ne préparez pas du thé.
[…]
– Ce n’est pas la peine de vous comporter comme un con.
[…]
– Quoi ?
– Vous avez traité vos amis comme de la merde. Soit. Ils l’ont probablement mérité. Mais moi, je viens ici chaque jour pour faire de mon mieux. Alors j’apprécierais que vous ne me pourrissiez pas l’existence.
Will a écarquillé les yeux. Un instant s’est encore écoulé avant qu’il ne prenne la parole. »

J’ai été énormément touchée par ses deux personnages. Par Will tout d’abord, qui fait preuve d’un courage et d’une dignité sans pareil malgré la difficulté de sa situation. Certains pourraient qualifier sa décision, son choix, comme un geste lâche mais il n’en est rien. Il faut une grande force pour renoncer à vivre, même si l’on est physiquement diminué et que la joie de vivre vous a quitté. La vie d’une personne handicapée n’est pas facile, surtout lorsque que, comme Will, l’on a aimé profiter de la vie et de tout ce qu’elle offrait et que l’on se retrouve à dépendre des autres pour toutes les petites actions du quotidien comme manger ou se laver. Même si je ne cautionnerait pas un tel choix, je pense que je le comprendrais. J’ai aimé sa manière de se comporter avec Louisa, sa façon de la pousser dans ses retranchements, de lui donner confiance, de lui dire qu’il y a d’autres opportunités pour elle, pour sa vie.

Louisa, elle, est un sacré petit bout de femme. Originale de par sa manière de s’habiller, elle n’en reste pas moins une femme ordinaire, coincée dans un quotidien qu’elle croit accepter mais dans lequel elle s’englue. J’ai adoré son sens de la répartie, sa manière de se battre pour les choses en lesquelles elle croit, et son obstination à essayer de sauver Will malgré le rejet de ce dernier. Son évolution au cours du roman est très intéressante, elle qui au début est un peu timide et qui n’a pas réellement son mot à dire dans sa famille devient une femme qui s’affirme et qui prend enfin son destin en main (et pour cela, je crois que l’on peut dire merci Will!).

« Vous savez, on n’est d’aucune utilité à quelqu’un qui ne veut pas être aidé. » 

J’ai souri en les lisant, j’ai été triste en me mettant parfois à leur place, et j’ai pleuré, beaucoup. Une grande palette d’émotion, et, malgré la difficulté des thèmes abordés comme le handicap ou l’euthanasie, ce roman est une ode à la vie, une ode à l’amour, une ode à l’espoir. Car oui, c’est de cela qu’il est question de vie et d’espoir. Peut importe les aléas de la vie, peu importe les choix que nous faisons, les décisions que nous prenons, tout n’est fait que d’espoir. L’espoir que, dans un sens ou dans l’autre, tout s’arrange…

« Je veux visiter Paris en étant moi même. Celui que j’étais. Je veux pouvoir m’asseoir sur une chaise et m’y adosser en me laissant aller en arrière, avec sur moi mes vêtements préférés et que les jolies parisiennes qui passent me coulent des œillades comme elles le feraient pour n’importe quel autre homme assis là. Et qu’elles ne détournent pas la tête en se rendant compte que je suis un homme coincé dans une saleté de poussette bien trop grande. »

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